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Les producteurs de pommes de terre bientôt dotés de semences ne nécessitant pas de pesticides

Les agriculteurs Rwandais de pommes de terre s’apprêtent à bénéficier de nouvelles semences résistantes aux maladies, ne nécessitant pas l’usage de pesticides. Des recherches menées par le Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage (MINAGRI), à travers l’Office Rwandais de l’Agriculture (RAB), montrent que ces semences améliorées, développées grâce aux biotechnologies, offrent de bons rendements tout en étant cultivées sans traitements chimiques, contrairement aux variétés cultivées avant.

Habituellement, les variétés de pommes de terre cultivées au Rwanda sont fortement exposées aux maladies, notamment le mildiou, provoqué par le champignon Phytophthora infestans. Pour y faire face, les agriculteurs sont contraints d’appliquer des pesticides jusqu’à deux fois par semaine, de la germination jusqu’à la récolte.

Bien que la recherche ne soit pas encore totalement achevée pour permettre la distribution officielle de ces nouvelles semences, des essais réalisés dans des exploitations agricoles ordinaires ont déjà donné des résultats très prometteurs, selon le Dr Patrick Karangwa, Responsable de la modernisation de l’agriculture au sein du MINAGRI.

“La recherche sur les semences de pommes de terre résistantes au mildiou est à un stade très avancé. Il s’agit de variétés qui ne nécessiteront plus de traitements contre cette maladie. Lors des essais récents, les parcelles cultivées avec ces nouvelles semences ont produit entre 34 et 36 tonnes par hectare, contre seulement 2 à 3 tonnes pour les variétés cultivées avant, alors même qu’aucun traitement n’avait été appliqué dans les deux cas et que les conditions agroécologiques étaient identiques”, a-t-il expliqué.

Il a toutefois précisé que la phase de recherche devait encore se poursuivre, afin de garantir la fiabilité des résultats dans toutes les régions et au cours des différentes saisons agricoles. “Nous devons nous assurer que ces performances sont les mêmes dans le Sud, le Nord et ailleurs dans le pays, afin de garantir aux agriculteurs un rendement sûr”, a-t-il ajouté.

À l’heure actuelle, les variétés de pommes de terre couramment cultivées au Rwanda produisent en moyenne entre 8 et 9 tonnes par hectare. Les nouvelles semences résistantes affichent ainsi un rendement près de trois fois supérieur.

Disponibilité et prix des nouvelles semences

Le Dr Athanase Nduwumuremyi, chercheur au sein du RAB, indique que la distribution des nouvelles semences suivra les mêmes circuits que les autres semences certifiées.

“Une fois la recherche finalisée, les semences seront confiées aux multiplicateurs agréés, avant d’être mises à la disposition des agriculteurs. Concernant le prix, il ne sera pas supérieur à celui des semences actuelles. De plus, le cycle de culture restera identique, soit environ trois à trois mois et demi”, a-t-il rassuré.

Il souligne également que les agriculteurs tireront un avantage économique important de ces semences, puisqu’ils investiront moins tout en récoltant davantage, notamment grâce à l’absence de dépenses liées aux produits phytosanitaires.

Selon les chercheurs, sauf imprévu, ces nouvelles semences de pommes de terre devraient être mises à la disposition des agriculteurs à partir de l’année 2027.

Des essais concluants sur le terrain

Le vendredi 6 février 2026, une récolte expérimentale a été organisée dans le district de Musanze, où les variétés Victoria et Kungahara, autrefois peu productives, ont été améliorées pour renforcer leur résistance aux maladies. Les parcelles testées ont enregistré un rendement de 35 tonnes par hectare, sans aucun traitement chimique.

D’autres essais ont été menés avec succès dans les stations du RAB de Tamira (Rubavu), Nyamagabe et Rwerere (Burera), confirmant des rendements élevés dans différentes zones du pays.

Présent lors de cette activité, Semarembo Félicien, multiplicateur de semences certifiées dans le district de Burera, s’est réjoui des résultats, notamment pour la variété Victoria.

“Je suis très satisfait. J’avais abandonné la culture de la variété Victoria à cause de sa vulnérabilité aux maladies et de son faible rendement. La voir aujourd’hui en si bon état, avec une production abondante et de qualité, est impressionnant”, a-t-il déclaré.

Il affirme vouloir partager cette bonne nouvelle avec ses collègues agriculteurs, et relancer la culture de cette variété dès qu’elle sera disponible sur le marché.

Par ailleurs, des recherches similaires sont également en cours sur d’autres cultures vivrières essentielles au Rwanda, notamment le manioc et le maïs.

Ces travaux de recherche et d’expérimentation sont rendus possibles grâce à la loi rwandaise sur la biosécurité, qui encadre l’utilisation des biotechnologies dans le secteur agricole.

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