Le directeur de l’usine de fabrication de préservatifs Karex, Goh Miah Kiat, a annoncé que le coût de production a augmenté de 20 % à 30 %, en raison de la hausse des prix des produits dérivés du pétrole.
Cette entreprise, leader mondial basée en Malaisie, explique que les conflits au Moyen-Orient ont perturbé l’approvisionnement en matières premières ainsi que la distribution des produits à l’échelle mondiale.
Karex, qui fabrique environ un préservatif sur cinq utilisés dans le monde (notamment pour la marque Durex), a signalé des difficultés liées à deux matières essentielles : le nitrile, utilisé pour les préservatifs sans latex afin d’éviter les allergies, et le silicone, tous deux issus du pétrole, dont les prix ont fortement augmenté.
Les coûts des emballages ont également augmenté. À cela s’ajoutent des retards dans la distribution, les marchandises mettant désormais deux fois plus de temps à être livrées par voie maritime.
Les inquiétudes portent désormais sur la durée de cette hausse des prix, d’autant plus que le marché des préservatifs continue de croître, avec une augmentation des ventes estimée entre 10 % et 15 % par an selon les régions. Cette croissance s’explique notamment par l’intensification des campagnes de sensibilisation aux infections sexuellement transmissibles (IST) ainsi que par l’augmentation des budgets consacrés à la santé publique.
Karex produit plus de 5 milliards de préservatifs par an et fournit de grandes marques mondiales comme Durex et Trojan, ainsi que des organisations de santé publique.
La hausse des prix des produits pétroliers s’explique par les perturbations majeures dans leur acheminement à travers le monde, notamment depuis que l’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz et restreint le passage des navires, en réponse aux attaques des États-Unis et d’Israël. Près d’un cinquième du pétrole et du gaz vendus dans le monde transitent habituellement par ce détroit.
Par ailleurs, la société britannique Reckitt Benckiser, propriétaire de la marque Durex, a indiqué que cette forte hausse des prix du pétrole pourrait entraîner une perte supplémentaire pouvant atteindre 150 millions de livres sterling cette année (soit environ 173 millions d’euros).
Dans son rapport du premier trimestre 2026 publié le mercredi 22 avril, l’entreprise a également précisé que si les prix des matières premières restent élevés, cette augmentation se répercutera inévitablement sur les consommateurs, qui devront payer plus cher les préservatifs.

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