Dans la soirée du 21 mai, des habitants de la localité de Rwampara ont incendié un centre mis en place pour le suivi, le traitement et la mise en quarantaine des malades d’Ebola, en République démocratique du Congo (RDC).
Ces violences ont provoqué la fuite des patients qui étaient en quarantaine, lesquels se sont dispersés dans différentes zones, une situation que les autorités sanitaires estiment susceptible d’aggraver la propagation de l’épidémie.
Les derniers chiffres publiés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquent que dans la province de l’Ituri, plus de 575 cas suspects d’Ebola ont déjà été recensés, dont plus de 51 confirmés, avec également plusieurs décès enregistrés.
Les zones de Mongbwalu, Rwampara, Bunia et Nyakunde sont les plus touchées. L’épidémie s’est également propagée dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, frontalières du Rwanda.
Le principal problème est que certains habitants de Rwampara affirment qu’Ebola n’existe pas et accusent les médecins d’utiliser cette épidémie pour obtenir davantage de financements. C’est cette méfiance qui aurait conduit les habitants à incendier le centre médical et à libérer les patients placés en quarantaine.
Les conséquences de ces actes commencent déjà à se faire sentir dans le système de santé congolais. Les hôpitaux des régions de Mongbwalu et Bunia accueillent désormais un grand nombre de patients, suscitant des inquiétudes quant au risque de contamination des personnes venues se faire soigner pour d’autres maladies.
De fortes inquiétudes existent également dans les pays voisins de la RDC, notamment le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.
Du côté du Rwanda, les autorités sanitaires ont annoncé la mise en place de mesures strictes de contrôle des personnes entrant sur le territoire. Toutefois, des citoyens affirment craindre que des malades ayant fui les centres de quarantaine puissent entrer illégalement dans le pays et y introduire l’épidémie.
Dans la matinée de jeudi, le Bureau du Porte-parole du gouvernement rwandais avait indiqué que les frontières entre le Rwanda et la RDC restaient ouvertes, tout en précisant que des mesures renforcées avaient été prises, notamment le contrôle de la température des voyageurs et le renforcement de la surveillance des personnes venant des zones les plus touchées.
Du côté de l’Ouganda, le gouvernement a annoncé la suspension des vols entre son territoire et la RDC, ainsi que la fermeture des mouvements de passagers aux postes frontaliers reliant les deux pays, afin de limiter la propagation de la souche d’Ebola dite « Bundibugyo ».
Cette souche d’Ebola ne dispose actuellement d’aucun vaccin spécifique, ce qui rend la prévention principalement basée sur le renforcement des mesures visant à empêcher sa propagation et sur la vigilance sanitaire.
