Le Rwanda a lancé une nouvelle phase de 20 million de dollars de son programme de restauration environnementale Green Amayaga, avec l’ambition de consolider les acquis des six dernières années dans la lutte contre la dégradation des terres, la restauration des écosystèmes et le renforcement de la résilience climatique dans la région méridionale du pays, particulièrement exposée à la sécheresse.
La cérémonie de lancement, organisée dans le district de Gisagara au sud du pays, a marqué à la fois la clôture de la première phase de Green Amayaga et le démarrage officiel d’une deuxième phase de six ans, qui étendra les activités à de nouveaux districts tout en renforçant les interventions déjà engagées dans la région d’Amayaga.
Lors d’une interview, la Directrice Générale de l’Office Rwandais de Gestion de l’Environnement (REMA), Juliet Kabera, a déclaré que cette initiative avait transformé des paysages autrefois menacés par une forte érosion, la baisse de la fertilité des sols et l’avancée de la désertification.
“Le programme a été conçu pour restaurer des écosystèmes fortement dégradés par l’érosion des sols et la sécheresse. Grâce à une combinaison de terrasses progressives, de plantations d’arbres, d’agroforesterie et de soutien aux moyens de subsistance, nous avons pu protéger l’environnement tout en améliorant le bien-être des communautés” a expliqué Kabera.
La première phase de Green Amayaga a été mise en œuvre dans quatre districts et vingt secteurs, associant restauration environnementale et interventions socio-économiques. En plus des mesures de lutte contre l’érosion et du reboisement, le projet a soutenu la distribution de bétail, l’agriculture intelligente face au climat et des activités alternatives génératrices de revenus pour les ménages locaux.
Les arbres fruitiers plantés dans le cadre du programme produisent déjà, tandis que le bétail distribué aux familles s’est multiplié, améliorant la nutrition des ménages et générant des revenus, d’après Kabera.
“Nous savons que la protection de l’environnement commence avec les citoyens. La première phase a été l’appropriation du projet par les communautés. Les habitants l’ont considéré comme leur propre projet, et cet engagement est l’une des principales raisons pour lesquelles une deuxième phase a été obtenue”, a-t-elle souligné.
La deuxième phase élargit la couverture du programme, qui concernait jusqu’à présent les districts de Kamonyi, Gisagara, Ruhango et Nyanza, en y ajoutant Muhanga et Huye, augmentant ainsi la portée géographique des efforts de restauration dans le sud du Rwanda.
Les résidents affirment que les effets du projet sont déjà visibles
Mugisa Fidèle du secteur de Gikonko dans le district de Gisagara, a indiqué que les forêts plantées lors de la première phase ont considérablement réduit l’érosion des sols dans sa région.
“Là où les arbres ont été plantés, les terres ne sont plus emportées lors des fortes pluies. La différence est nette. Les arbres a grandi et asssurent la protection des sols”, a-t-il affirmé.
Un autre habitant, Ntawuhigimana Jean Claude, a qualifié les infrastructures antiérosives d’essentielles pour la protection des terres agricoles.
“Lorsque les eaux de pluie descendent des hauteurs, ces ouvrages ralentissent leur écoulement et empêchent les sols fertiles d’être emportés”, a-t-il expliqué. “Ils contribuent à préserver à la fois les terres et la productivité agricole”.
La Ministre de l’Environnement, Dr Bernadette Arakwiye, a déclaré que le programme illustre l’engagement du Rwanda en faveur de la protection de l’environnement.
“La région d’Amayaga est confrontée depuis longtemps à de sérieux défis environnementaux, notamment l’érosion des sols, la sécheresse, la déforestation et la dégradation des terres. Ces défis ont affecté les moyens de subsistance, la production agricole et la biodiversité. Pourtant, grâce à la collaboration entre la REMA, les autorités locales et les communautés, des progrès significatifs ont été réalisés”, a-t-elle indiqué
La ministre a mis en avant plusieurs réalisations, notamment la restauration de milliers d’hectares de terres grâce au reboisement, à l’agroforesterie et aux terrasses progressives, ainsi que la plantation de millions d’arbres et la promotion des technologies de cuisson propre dans les ménages, les écoles et ailleur.
Au-delà de la restauration écologique, elle a souligné que le programme avait amélioré les conditions de vie grâce à l’agriculture intelligente face au climat, au soutien à l’élevage et aux activités génératrices de revenus, tout en offrant aux femmes et aux jeunes de nouvelles compétences et opportunités.
“Investir dans la restauration des écosystèmes, c’est investir dans l’avenir de notre population. Des écosystèmes sains sont essentiels pour la sécurité de l’eau, la productivité agricole, la conservation de la biodiversité, la réduction des risques de catastrophes et la résilience climatique”. a déclaré la Ministre.
Elle a également remercié le Fonds pour l’environnement mondial (GEF), et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), pour leur soutien à l’agenda environnemental et climatique du Rwanda.
Avec le démarrage de cette nouvelle phase, les autorités gouvernementales appellent les communautés à maintenir le même niveau de participation, qui a contribué au succès de la première phase du programme.
Jean Claude Munyantore
